Alors que Libreville met les bouchées doubles pour relancer l'activité du pays et mettre en place les réformes attendues pour la construction d'un «Gabon émergent», la capitale économique, Port-Gentil, bastion de l'opposition où avait éclaté les sanglantes émeutes post-électorales du 3 au 6 septembre dernier, se remet encore doucement de ses émotions.
Pour apaiser les relations suspicieuses avec le pouvoir et ramener la sérénité à Port-Gentil, le gouvernement a notamment décidé, le 19 octobre dernier, d'alléger davantage le couvre-feu décrété dans la cité pétrolière dès l'éclatement des émeutes.
«Au regard du climat de normalisation progressive constaté», le couvre-feu s’étend désormais de 24h00 à 6h00 dans la cité portuaire, au lieu des 23H00-06H00 jusqu'alors en vigueur», stipule le communiqué final du Conseil des ministres.
Le couvre-feu avait été allégé une première fois le 17 septembre dernier, deux semaines après son instauration, en raison de l’évolution positive de la situation constatée à Port-Gentil, avec une interdiction de circuler entre 23h00 et 6h00 du matin au lieu des horaires initiales qui ouvraient le couvre-feu à 20h et le levaient à 6h.
La seconde ville du pays a également été choisie pour abriter pour la première fois la réunion du Conseil des ministres traditionnellement organisée à Libreville, comme l'avait promis le nouveau président, Ali Bongo, durant la campagne électorale.
«L’idée d’organisation de certains Conseils des ministres dans les localités autres que Libreville, [vise à] répondre aux aspirations du peuple gabonais avec le maximum d’efficacité», explique le communiqué final du Conseil des ministres.
Ces mesures devraient permettre d'apaiser les relations entre Libreville et Port-Gentil dans le cadre de la relance socioéconomique du pays après plus de quatre mois de transition qui ont mis les activités en veilleuse.